Dominique Beck a suivi la première année de formation en ligne à l'écriture de la nouvelle. Formée également à la correction de texte par le CEC (Centre d'écriture et de la Communication), elle a suivi préalablement un atelier "en présentiel" avec Jocelyne Barbas. Dans cette interview, elle mesure les apports de ces deux formules et s'interroge sur l'avenir de ses textes .
INTERVIEW Cliquez sur cet article pour faire apparaître "l'ascenseur" et lire l'intégralité du texte, puis cliquez à nouveau à l'extérieur afin d'afficher la fin des lignes. L’aimant littéraire : L’accès à un atelier d’écriture de nouvelles ne t’a pas posé de difficulté particulière, tu avais naturellement un esprit synthétique et une expression brève. D. B.: Oui, mais je n’étais pas préparée à l’idée d’apprendre à écrire et de devenir peut-être un jour un auteur. L’atelier d’écriture ne s’inscrivait pas pour moi dans une logique d’apprentissage. Le livre est sacré. J’avais la certitude que les auteurs étaient des gens à part et qu’il fallait avoir un don. Dès lors que l’on sort de son journal intime, on accepte d’écrire pour les autres, et l’atelier d’écriture est un bon laboratoire pour se tester. C'est un espace d’expression et d’apprentissage inédit. L’aimant littéraire : A défaut de ne pouvoir poursuivre à l’un de mes ateliers, tu as opté pour cette formule à distance, es-tu aujourd’hui réconciliée avec ce type d’atelier ? D. B.: Oui, effectivement. J’ai changé de point de vue. Je me suis réconciliée ! Je regrette que les autres participants se soient désengagés à l’apparition des beaux jours dans cet atelier que tu animais chez toi. J’ai bien cherché un autre atelier d’écriture dans la région mais ce que j’ai trouvé ne me convenait pas. J’avais le sentiment de ne pas être prise en considération. Ils ne proposaient qu’un loisir alors que je souhaitais travailler mes textes. Je te connaissais et après avoir testé l’atelier d’initiation en ligne, j’ai fini par m’inscrire à l’atelier de formation. Poussée par la curiosité, je me suis laissé prendre au jeu. Ceci dit, il n’est pas envisageable dans un atelier traditionnel d’avoir autant de personnes d’horizons si éloignés. C’est un avantage de L’aimant littéraire. L’aimant littéraire Qu’est-ce qui ne te convenait pas dans l’atelier d’initiation ? D. B.: Le manque d’avis ! J’avais l’impression de poster mes textes dans le vide. A force, le manque de contacts décourage. C’est dommage, car j’ai trouvé qu’il y avait de bons textes, pleins de fraîcheur. La liberté et la gratuité ont leurs revers. L’atelier ressemble à un libre service : chacun se sert en n’ayant aucune responsabilité, sans s’impliquer réellement. Dans l’atelier de formation, les retours que tu as réalisés sur mes textes ont été encourageants. J’ai pris le temps aussi de me pencher sur les commentaires reçus par les autres participants et d'y réfléchir. Certaines réactions négatives à tes retours m'ont paru déplacées mais je me suis abstenue de faire des commentaires. Ces personnes ont quitté d’ailleurs l’atelier. L’aimant littéraire : Effectivement, l’acceptation de la réécriture est un cap sensible à passer. D. B.: Mais quand on a bien compris l’intérêt de revoir son texte... Je m'étonne qu’il n’y ait pas plus de secondes versions sur le site. L’aimant littéraire : Qu’as tu apprécié précisément dans ces retours ? D. B.: Les liens entre mon écriture et des textes d’auteurs. J’ai découvert ainsi des auteurs merveilleux comme Richard Matheson ou Truman Capote. J’ai aujourd’hui un œil exercé et j’apprécie davantage - et différemment - la littérature, sans pour autant me laisser écraser par ces auteurs prestigieux. J’avoue être sévère et déceler rapidement ce qui est ronflant et bavard. L’aimant littéraire : Qu’est-ce qui t’a manqué éventuellement dans ces retours ? D. B.: En règle générale, je trouve que tu pourrais intervenir davantage sur la structure des textes. L’aimant littéraire : Tu veux dire que tu aurais souhaité des exemples de développements possibles ? Les retours contiennent des suggestions. Le risque de l’exemple est de tomber dans la réécriture et d’enfermer la personne dans un modèle au lieu de l’aider à développer sa créativité. Je fais attention de m’arrêter à temps. D. B.: Malgré tout, des exemples seraient quelquefois bienvenus pour aider à progresser. L’aimant littéraire : Quelle est la consigne que tu as préférée ? D. B. De manière générale, je les ai trouvées bien documentées. Ma préférence va à la nouvelle en une phrase. J’y prends un plaisir tout particulier. J’avoue que j’ai retravaillé ma nouvelle postée sur L’aimant littéraire 17 fois, mais c'est un extrême ! Cette quête de perfection m’enthousiasme. L’aimant littéraire : Quelle est la consigne que tu as détestée ? D. B. L’heroïc fantasy. Je n’en lis pas. Le genre ne m’attire pas, mais c'est un simple a priori : je viens de découvrir qui était J. R. R. Tolkien et je vais commencer Le Seigneur des anneaux. . Qu’est-ce que cette année de formation t’a apporté ? D. B. De soigner mes étourderies. Nous avons suivi la même formation de correctrice et cela m’énerve particulièrement de laisser passer des erreurs. D’ailleurs, je ne suis pas toujours d’accord avec tes corrections orthographiques. Je travaille avec le Littré en ligne et tes remarques ne sont pas toujours en accord avec ce dictionnaire concernant notamment les termes de métier, mais comme tu le dis, il y a plusieurs écoles dans la correction de texte. L’aimant littéraire : Comptes-tu poursuivre l’atelier en deuxième année ? D. B.: Je compte continuer mais je ne parviens pas encore à me décider dans le choix de la formule. J’hésite entre le recueil « nouvelle longue » ou un recueil de nouvelles brèves. Je prends le temps de réfléchir et de trouver le sujet qui me conviendrait. Je m’interroge sur ce que je ferai ensuite de ces textes. La saturation du marché de l’édition me décourage. Je ne me vois pas publier moi-même mes textes pour des amis qui ne lisent pas. Le manque de connaissance des éditeurs m’incite à écrire juste pour mon plaisir personnel. Sinon, je risque de sombrer dans l’inquiétude du devenir de mes textes, et je ne produis rien lorsque je suis inquiète. L’aimant littéraire : Tu sembles te convaincre qu’aucun de tes textes ne sera jamais publié. D. B.: Ce qui est dérangeant avec les textes est que l’on s’étonne soi-même. Quand je relis mes textes, je me dis que jamais je n’avais pensé les écrire avant et pourtant ils existent maintenant. Mais après ? Je n’ai aucune notion de ce qui peut se passer après. Je ne connais rien à l’édition ! L’aimant littéraire : Pourquoi ne pas essayer de publier en revue ? D’envoyer quand même des nouvelles à des éditeurs ? D. B.: Pour cela il faut avoir des textes, donc écrire… L’aimant littéraire : Certes, mais si tu n’essaies jamais, tu ne risques pas de réussir ! D. B.: C’est vrai ! Je vais prendre encore un peu de temps pour savoir ce que je vais faire. L’aimant littéraire : Cette deuxième année de formation arrive peut-être un peu trop vite dans ta démarche. Je vais plancher sur l’idée de réserver une suite à l’atelier de formation « 1ère année » et proposer des consignes d’écriture qui favorisent la pratique de l’écriture (régularité et constance) et le développement de la confiance en soi.
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